
Dans les ateliers de réparation, la demande reste forte pour un gaz réfrigérant dont Bruxelles ne veut plus, au nom de la protection de l'environnement. En conséquence, son prix a doublé. Recharger sa climatisation risque de coûter plus cher.
L'augmentation de 50% à 60% du prix du gaz réfrigérant devrait avoir un impact inévitable sur le prix des forfaits d'entretien des climatiseurs. Le Conseil national des professions de l'automobile met en garde les associations de consommateurs.
La demande de R134a est supérieure à l'offre
La loi de l'offre et de la demande nous enseigne que ce qui est rare est cher. Il n'y a rien de très nouveau ici. Simplement, l'automobiliste ne s'attendait pas forcément à se voir rappeler cette réalité par le mécanicien qui recharge sa climatisation.
Année après année, l'inflation du prix des gaz réfrigérants (celui que comprime la climatisation de votre voiture) bat des records, ce qui a un impact direct sur le prix des services de maintenance facturés au consommateur final. Yves Levaillant, président de la branche Carrosserie du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) tire la sonnette d'alarme :
" Nous souhaitons attirer l'attention des consommateurs et des constructeurs sur l'impact que pourrait avoir une augmentation de 50 à 60% du prix du gaz réfrigérant sur les prix des prestations facturées aux automobilistes. Les professionnels de la réparation devront répercuter cette augmentation sur leurs prix. "
La production de fluides frigorigènes diminue plus vite que la demande
Le phénomène de la hausse des prix des gaz réfrigérants n'est pas nouveau. Déjà en 2015, les professionnels du secteur mettaient en garde contre cette conséquence inévitable de la réglementation sur les gaz fluorés. Cette directive européenne programme un retrait progressif du marché des gaz réfrigérants à fort potentiel de réchauffement climatique, exprimé par un indice PRP (ou GWP, pour Global Warming Potential ). De 100 % en 2015, la quantité de fluides frigorigènes hydrofluorocarbones (HFC) à indice PRP élevé doit passer à 63 % entre 2018 et 2020, avant d'atteindre 21 % en 2030.
Logiquement et conformément aux quotas fixés par la réglementation sur les gaz F, les constructeurs ont commencé à réduire le niveau de production, au profit de gaz à faible indice GWP. Malheureusement pour le secteur automobile, le gaz R134a ne peut être remplacé que par le réfrigérant HFO-1234yf qui est compatible avec très peu de véhicules en circulation. " La conversion des systèmes de climatisation au nouveau gaz n'est pas possible ", confirme Y. Levaillant.
  ; "Un véhicule équipé à l'origine pour fonctionner avec le réfrigérant R134a fonctionnera avec ce gaz jusqu'à sa mise au rebut en fin de vie."  ; Il y a aussi d'autres avis que nous avons trouvés sur internet.
Le réfrigérant de remplacement tarde à s'imposer. C'est ainsi que la demande de gaz réfrigérant R134a se maintient à un niveau qui dépasse désormais son niveau de production, en baisse de 40% par rapport à l'année dernière. La loi de l'offre et de la demande jouant à plein, les prix augmentent rapidement. D'autant plus qu'il y a la tentation, chez certains distributeurs, de stocker les gaz qui seront bientôt interdits, juste pour pouvoir assurer l'entretien des appareils.
Les fabricants, eux, ont fait le point sur la situation
Les fabricants étaient d'autant plus réticents à adopter le R1234yf que ce gaz a été un temps accusé de souffrir d'une température d'inflammabilité nettement inférieure à celle du R134a, au point d'augmenter sérieusement le risque d'incendie en cas d'accident. Ce vif débat a déclenché une mini-guerre commerciale entre Paris et Berlin en 2014 , lorsque l'administration française a bloqué l'importation de voitures Mercedes-Benz de classe A jugées non conformes , en raison de leur attachement au gaz R134a.